Marjac

Collagiste figuratif

Jacques Marchal

Auteur

Traduction libre de l'article dans "KOLAJ"  Magazine.

« La plus grande valeur du Surréalisme face au Modernisme, est sa capacité à réconcilier les systèmes épistemologiques démodés, avec les faits et expériences contemporains, à un niveau irrationnel.
Dans le monde de l'art surréaliste, deux genres émergent. Il y a de ces artistes qui utilisent le Surréalisme pour justifier les exentricités et les caprices illogiques qui surgissent de leur oeuvre et il y en a d'autres qui utilisent un jeu de techniques étudiées pour, selon les paroles d'André Breton, " résoudre les conditions de rêve et de réalité précédemment contradictoires, en une réalité absolue, une " super-réalité". Jacques Marchal est un de ces praticiens du Surréalisme.

Prenez par exemple " La Tentation de Saint Antoine ", un sujet récurrent dans l'art visuel et particulièrement cher aux surréalistes du début du XXème siècle ( Max Ernst et Salvador Dali ont peint ce sujet en réponse à un concours organisé par les producteurs du film " Les Affaires privées de Bel-Ami ", en 1946).
Un homme nu pénètre dans une cathédrale ouverte qui sert à la fois le désert et la caverne des petits démons de Saint Antoine. Une lueur argentée donne le ton de l'oeuvre. Marchal fond le centaure et le satyre en une paire de pieds féminins dans des chaussures à talon aiguille.
La lumière de Dieu fait fuir les rayons du démon par le côté.
Marchal efface largement la religiosité du sujet et ce qui subsiste est une méditation sur l'humilité de l'homme moderne confronté, à la fois au désir sexuel et à la solitude.
L'esthétisme et la modernité de Saint Antoine, s'imposent à nous.
Maintenant, à voir si cette conclusion à propos de l'intention de l'artiste est non pertinente. Le but d'une oeuvre surréaliste n'est pas d'informer le spectateur, mais d'enflammer, encore avec les mots d'André Breton, un " automatisme psychique pur ", pour résoudre tous les problèmes principaux de la vie.
Je vous suggère que Marchal a juste recherché ceci. »