Marjac

Collagiste figuratif

Jacques Marchal

Auteur

Collages à penser, collages à rêver, collages à sourire...

Par Lucien Rama-Critique d'art AIAP Unesco


Jacques Marchal est un artiste autodidacte, et pourtant son travail de collagiste qui débute en 2004, est empreint de bonnes racines artistiques inspirées par la photographie surréaliste, un mouvement surtout littéraire, culturel et artistique de la première moitié du 20e siècle.
Héritier de ce mouvement, comme bon nombre d’artistes belges, Marjac, (c’est son nom d’artiste) possède une maîtrise technique impressionnante.

Depuis 2004, il s'est astreint aux gammes difficiles de la composition avant d'explorer un univers poétique très personnel, constitué d'images découpées et recomposées à la main.
Il n’utilise pas de techniques de manipulations digitales pour produire ses œuvres. C’est à son seul talent qu’il doit le fruit de son travail.

Depuis cette époque, ses recherches s’articulent principalement autour d’un monde singulier, un monde de papier, composé de portes ouvertes sur un imaginaire qui ne perd jamais le goût du réel.
Pour lui comme pour les surréalistes, seule la sensibilité poétique face au réel peut transformer le monde. C’est peut-être pour cela qu’il utilise des environnements sombres pour exprimer des sentiments assez intimes, toujours intériorisés.

Marjac détourne les différents objets de leurs principales fonctions, mettant en évidence leurs différentes correspondances possibles, laissant ainsi aux spectateurs le soin d’en deviner leurs nouvelles significations.
Il fait ainsi transparaitre un univers, qui peut paraitre étrange et extravagant, mais qui nous permet d’entrer dans des voyages emprunts de poésie et d’onirisme. Il est vrai qu’il a travaillé longtemps dans le transport maritime et aérien…

Le surréalisme qui imprègne ses travaux surprend par sa maturité. Ses papiers découpés, ses fragments superposés, imbriqués créent des espaces imaginaires, inimaginables. D'évidence, cet artiste, qui aime les grands espaces, n'a pas succombé au désir bouillant de représenter l’envers du décor, pour satisfaire une simple légitime volonté créatrice.

Et pourtant, derrière son humour subtil, domine l'absurdité de la vie: tous ses tableaux partent en effet de situations banales et ordinaires, qu'il fait déraper vers un irréel absurde et décalé.
C’est peut-être pour cela que devant ses collages, j’adhère au pouvoir des images, comme source de régénération et de transformation intérieure, un pouvoir immense.

L’élégance poétique de ses icones aux couleurs soigneusement choisies, émerveillera le regardeur, car l'intention de cet artiste a peu de chose à voir avec l'idée de représentation. C'est un peu la comédie humaine qu’il réassemble, dans toute sa force et sa beauté, histoire de nous rappeler que nous n'en sommes qu'un élément infime.

Avec lui, le regard que nous portons sur le monde n'est plus qu'une fantastique approximation
Il nous raconte des histoires, faites de métaphores, comparables à ces paraboles dont certaines cultures font usage à des fins didactiques. Avec lui, tout devient nuancé, impalpable, mais intimement présent.

Lucien Rama
Critique d’art AIAP Unesco

 Le collage

 

Apport majeur dans l'art du XXème siècle, le collage est présent dans la plupart des mouvements artistiques qui s'y sont succédé : du cubisme où il trouve son origine, jusqu'au pop' art et à l'art conceptuel, en passant par le surréalisme et l'art abstrait.

Axé sur le détournement d'images et d'imprimés, le collage, bien plus qu'une technique, constitue une véritable création qui révolutionne le champs de la représentation.

Il est un art à part entière qui, dans sa richesse et sa diversité, conjugue fantaisie et imagination débridées, ainsi qu'irréverence caustique pour certains.

Ce n'est pas le savoir-faire qui crée l'art, mais l'idée, l'image qui en résulte en finale ! La création de l'artiste prime sur l'exécution qui n'est qu'un outil.

« Le collage semble un art facile, mais comme l'écriture automatique, il n'offre de réussites que si l'on a un sens inné de la poésie ». (Sarane Alexandrian)

 

Ci-dessous, collages de Max ERNST, Pablo PICASSO et Jacques PREVERT.